SALLABERRY Jean-Claude "Travail sur les représentations et position (anthropologique ?) du chercheur" - Spirale 41 (2008)

Lire l’article

Résumé : Que ce soit dans les ateliers-création sonores — qui ont fourni le corpus de ma thèse — ou dans les classes de lycée que j’avais en charge, que ce soit plus tard dans les classes dans lesquelles j’étais présent pour recueillir du matériau de recherche, j’ai utilisé des « techniques d’observation », je me suis situé, fût-ce partielle-ment, en tant qu’observateur. J’ai, à maintes reprises, travaillé à préciser ma position épistémologique en tant que chercheur — à partir de 1996, j’ai proposé de distinguer trois « niveaux » dans tout travail de recherche ; le niveau empirique, le niveau théorique et le niveau épistémologique . Je n’ai en revanche pas encore développé une réflexion – ou une reprise – à propos de cette position d’observateur. Plusieurs rencontres, ou plusieurs événements, m’amènent à entamer aujourd’hui une telle démarche :
- Les précisions de Boumard (2004), dans l’ouvrage que nous (Ardoino, Boumard, Sallaberry) avons coordonné en hommage à Lourau, sur « la culture institutionnelle et la culture ethnographique » (p. 67) — qui peuvent interroger la cohérence entre mes positions « institutionnelles » et la question de l’observation.
- Les amicales remarques de D. G. Brassart, lors de la construction du numéro hors série 4 de Spirale (Les représentations en formation (2), 2006), qui me questionnait sur la manière « d’atteindre » les représentations de sujets à partir de leurs énoncés — posant la question du « lien », ou du « chemin à parcourir » entre les énoncés et les représentations.
- La référence réitérée, de ma part, à l’interaction pour apporter une nouvelle pierre au concept de représentation (en prenant mieux en considération les situations d’interaction distribuée que constituent le système nerveux, d’une part, et un système sociétal, de l’autre )

La question qui se pose, en effet, à tout sujet qui prétend constituer d’autres sujets en objets de recherche, est de vérifier si ce regard sur l’autre n’est pas raciste – je reprends à dessein la formulation de Bouvet (2004) . Tout en rappelant les situations dans lesquelles j’ai pu récupérer du corpus de recherche, je chercherai des éléments de réponse du côté de l’implication du chercheur, de sa plus ou moins grande immersion, des représentations (ou des systèmes de représentation, qui peu-vent se constituer en théories) qui peuvent faire référence.
Ainsi, le qualificatif « anthropologique » évoqué dans le titre renvoie aussi bien à la position exprimée par Chevallard (1999) – qui « situe l’activité mathématique, et donc l’activité d’étude en mathématiques dans l’ensemble des activités humaines et des institutions sociales » – qu’à la plus ou moins grande « immersion » du chercheur.

Voire aussi Spirale Les représentations en formation 1 HS 2 et 2 HS 4

SPIRALE - Revue de Recherches en Éducation - 2008 N° 41 (195-206)

Site réalisé avec SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0