CHAUVEAU Gérard « Acte de lecture et décodage » - Spirale 3 (1990)

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Lire c’est comprendre (des textes écrits). Cette définition « minimale » de la lecture est maintenant largement partagée. Elle permet - ce qui n’est pas un mince avantage - de distinguer la recherche du sens, la découverte du contenu (lecture) des activités relevant de l’étude « des lettres et des sons », de la prononciation de syllabes écrites, de la mémorisation de « mots étiquettes » ou de phrases imprimées vues et répétées n fois (para-lecture). Cette distinction est essentielle. On ne peut progresser dans la réflexion sur la lecture et son apprentissage tant qu’on amalgame des conduites pourtant bien différentes :
1. connaître les lettres et savoir les assembler ;
2. dire des suites de syllabes ou de mots ;
3. prononcer un texte écrit ;
4. prendre connaissance du contenu d’un message écrit
(Petit Larousse, édition 1980).
On ne peut atteindre « la réussite en lecture pour tous » tant que les pratiques pédagogiques au CP, les modalités de soutien ou de rééducation restent focalisées sur la para-lecture et non sur la lecture-compréhension.
Mais on ne peut se contenter de ces remarques, à la fois nécessaires et insuffisantes. Il faut essayer de répondre à deux séries de questions si l’on veut vraiment avancer dans l’étude de l’activité lexique et de son acquisition.
Premièrement, existe-t-il des connexions entre les quatre acceptions du lire proposées par le Petit Larousse ? Y a-t-il un lien entre les activités de para-lecture (le déchiffrage par exemple) et la compréhension d’un texte écrit ? Quels sont les processus et les capacités en jeu pour construire le sens d’un énoncé écrit ? [32]
Deuxièmement, l’acte de lire chez un débutant est-il de même nature que celui d’un lecteur expérimenté ? Les mécanismes de la lecture sont-ils identiques chez celui qui apprend et chez celui qui lit bien et beaucoup depuis longtemps ?

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