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MARYNIAK Louis « Développement moral et apprentissage » - Spirale 7 (1992)

juillet 1996, par administrateur

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La littérature concernant le développement moral de l’enfant est dominée par deux références essentielles : les travaux de Piaget (1932) et ceux de Kohlberg (1964). Ces deux auteurs abordent la question sous l’angle de l’évolution génétique mettant en relief un ensemble de stades successifs caractérisés par des processus d’évaluation des conduites qui changent avec l’âge.
Pour Piaget, une première période dite du réalisme moral est marquée par la prise en compte de la matérialité des conséquences des actes sans préoccupation à propos des intentions. La plupart des enfants de moins de huit-neuf ans jugent plus condamnable de casser quinze tasses « sans faire exprès » que de casser une seule tasse en désobéissant à ses parents. Par contre, à partir de neuf ans, la tendance à juger selon la responsabilité subjective devient prépondérante ; elle est contemporaine d’une morale de l’autonomie et de la coopération.
Pour Kohlberg, le progrès moral est organisé de manière plus précise : il se déroule selon une succession de trois périodes (chaque période comportant deux stades). La première période « pré-morale » est caractérisée par un système d’évaluation basé sur l’évitement de la punition ou la recherche du plaisir ou du gain. Elle se termine au début de la scolarité primaire en moyenne. La deuxième période de la morale « conventionnelle » fait référence à l’obéissance et à la conformité à des règles établies dont les adultes sont les garants. Elle s’étend de huit à treize ans environ. La troisième période « post-conventionnelle » en rapport avec l’adolescence est marquée par l’adhésion à des principes moraux universels qui inspirent les conduites sociales particulières. Mais ces principes sont l’objet de choix et d’engagements personnels pouvant être à l’origine de compétitions ou de conflits à l’intérieur d’un groupe social donné.
Les approches de ces deux auteurs sont plus complémentaires qu’opposées et insistent sur les facteurs et les mécanismes de la genèse de la conscience morale. A côté de notions telles que la soumission ou la pression sociale, ces deux descriptions développementales mettent l’accent sur d’autres notions comme l’intégration de normes et l’intériorisation qui évoquent plus précisément des mécanismes d’apprentissage. Mais ces aspects relatifs aux acquisitions abordés de manière incidente et parfois allusive, sont mis en relief de manière beaucoup plus nette dans des travaux plus récents centrés sur le concept de renforcement des conduites sociales. Ce sont précisément de telles recherches qui seront présentées dans la suite avec un souci d’illustration plutôt que de bilan exhaustif.

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