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NONNON Elisabeth « Que voudrait dire "aider à comprendre" ? L’étayage de l’adulte dans l’aide à la compréhension » ( Spirale 1 - 1988)

1996, par administrateur

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Le problème de l’intervention de l’adulte dans l’apprentissage est souvent posé de façon passionnée et idéologique, non seulement parce que chacun a en tête des images ou des représentations particulières d’échecs ou de malentendus dans les apprentissages, mais aussi parce que cette question met toujours en jeu des fonctions ou des statuts d’enseignants, des fonctionnements de l’institution scolaire et des rapports de pouvoir, dont les enjeux sociaux et politiques sont parfois tout à fait évidents.
Comme dans tous les champs conflictuels, et surtout quand on se trouve dans une logique d’action (où on fonctionne en partie dans la croyance, et où on pense qu’il faut recourir à quelques vérités simples pour changer les choses), on tente d’imposer sur le plan théorique des schématisations et des dichotomies, et le sens donné aux mots est l’enjeu de luttes pour la définition. Par exemple, on trouve dans beaucoup d’écrits de vulgarisation pédagogique récents une approche dichotomique du couple enseignement/apprentissage qui oppose les deux termes, en valorisant de façon unilatérale le deuxième terme, et en faisant du premier l’équivalent, mal connoté, de « transmission magistrale » ; on réagit ainsi, pour des raisons diverses, contre ceux qui identifient les deux termes et méconnaissent aussi la complexité de leur articulation, en faisant de la démarche d’apprentissage un effet mécanique, le reflet inversé de l’activité d’enseignement. C’est par rapport à ce type d’enjeux [26] qu’on peut comprendre le slogan du GFEN il y a quelques années : « Expliquer, ça empêche de comprendre » : ce paradoxe, à caractère polémique, peut avoir des visées d’action (promouvoir d’autres façons de faire comprendre) et peut renvoyer à des cas, bien réels, où des explications de l’enseignant ont effectivement empêché de comprendre. Mais s’il se place sur un plan général, on suppose qu’il vise avant tout à faire réfléchir en quoi et à quelles conditions ce peut être vrai, en quoi et à quelles conditions c’est sans doute discutable.
L’objet de cet article n’est pas de vérifier ou d’infirmer cette hypothèse : il faudrait alors entrer dans l’analyse et l’évaluation de formes diverses d’explication ou autres interactions de tutelle, sur des contenus de niveaux différents, empruntés à des didactiques particulières.

Voir le sommaire de Spirale 1 « Les aides à la compréhension »

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Cet article en ligne est mis à disposition sous un contrat Creative Commons

NONNON Elisabeth « Que voudrait dire "aider à comprendre" ? L’étayage de l’adulte dans l’aide à la compréhension » ( Spirale 1 - 1988)

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Le problème de l’intervention de l’adulte dans l’apprentissage est souvent posé de façon passionnée et idéologique, non seulement parce que chacun a en tête des images ou des représentations particulières d’échecs ou de malentendus dans les apprentissages, mais aussi parce que cette question met toujours en jeu des fonctions ou des statuts d’enseignants, des fonctionnements de l’institution scolaire et des rapports de pouvoir, dont les enjeux sociaux et politiques sont parfois tout à fait évidents.
Comme dans tous les champs conflictuels, et surtout quand on se trouve dans une logique d’action (où on fonctionne en partie dans la croyance, et où on pense qu’il faut recourir à quelques vérités simples pour changer les choses), on tente d’imposer sur le plan théorique des schématisations et des dichotomies, et le sens donné aux mots est l’enjeu de luttes pour la définition. Par exemple, on trouve dans beaucoup d’écrits de vulgarisation pédagogique récents une approche dichotomique du couple enseignement/apprentissage qui oppose les deux termes, en valorisant de façon unilatérale le deuxième terme, et en faisant du premier l’équivalent, mal connoté, de « transmission magistrale » ; on réagit ainsi, pour des raisons diverses, contre ceux qui identifient les deux termes et méconnaissent aussi la complexité de leur articulation, en faisant de la démarche d’apprentissage un effet mécanique, le reflet inversé de l’activité d’enseignement. C’est par rapport à ce type d’enjeux [26] qu’on peut comprendre le slogan du GFEN il y a quelques années : « Expliquer, ça empêche de comprendre » : ce paradoxe, à caractère polémique, peut avoir des visées d’action (promouvoir d’autres façons de faire comprendre) et peut renvoyer à des cas, bien réels, où des explications de l’enseignant ont effectivement empêché de comprendre. Mais s’il se place sur un plan général, on suppose qu’il vise avant tout à faire réfléchir en quoi et à quelles conditions ce peut être vrai, en quoi et à quelles conditions c’est sans doute discutable.
L’objet de cet article n’est pas de vérifier ou d’infirmer cette hypothèse : il faudrait alors entrer dans l’analyse et l’évaluation de formes diverses d’explication ou autres interactions de tutelle, sur des contenus de niveaux différents, empruntés à des didactiques particulières.

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