LAMBERT-LECONTE Claire « Aide à l’apprentissage de la lecture : intervention sur les capacités d’attention de l’élève » (Spirale 1 - 1988)

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Concernant l’apprentissage de la lecture, les controverses quant aux « didactiques » efficaces sont nombreuses si ce n’est passionnées. Certains auteurs pourtant, au vu des récents résultats de leurs recherches (Wittwer et al., 1987) militent davantage pour un éclectisme didactique et, entre autres, un renforcement des pratiques de lecture silencieuse.
Or, d’après Rousvoal (1987), le débat portant sur les responsabilités respectives des différentes méthodes d’apprentissage quant à l’échec massif constaté dans l’apprentissage de la lecture au CP constitue, en France, un faux problème. Ceci, d’une part, parce que les méthodes majoritairement utilisées (environ 95 %) sont des méthodes mixtes et, d’autre part, parce qu’au vu d’un travail rétrospectif mené sur les recherches de ces vingt dernières années, il apparaît qu’aucune méthode ne semble connaître de succès universel. En fait, leurs effets varient d’un élève à l’autre sans que l’on puisse établir de liaison directe entre les caractéristiques psychologiques et sociologiques d’un élève et l’efficacité d’une méthode.
Toutefois, on sait, depuis les travaux de Rosenthal et Jacobson (1971), combien la positivité de l’investissement de l’élève par le [94] maître peut inverser le processus d’échec, manifeste et vécu, chez cet élève, quand bien même celui-ci paraît initialement médiocrement doué. On est alors en droit de penser que, pour l’apprentissage de la lecture, donner au maître le moyen de repérer et de valoriser les potentialités de ses élèves nécessaires à cet apprentissage s’avérera constructif et pourra empêcher que ne soit transformée en échec l’éventuelle médiocrité initiale.

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