Isabelle JOING, Olivier VORS, Clément LLENA & François POTDEVIN

« Se sentir bien dans chacun des lieux de l’espace colaire au collège.

Le rôle de l’autonomie, de l’appartenance sociale, de la perception du lieu et du sentiment de sécurité »

(Spiral-E 2018)

Résumé : L’objet de ce travail est d’examiner et d’expliquer la variation des expériences vécues au collège (composante affective du bien-être subjectif) en fonction des lieux fréquentés par l’élève. De nombreuses recherches questionnent le bien-être en contexte scolaire de manière globale sans distinguer nécessairement les différents lieux de l’espace scolaire. La présente recherche postule que le bien-être au collège varie quotidiennement en fonction des lieux fréquentés par l’élève et que cette variation peut s’expliquer par le degré de satisfaction des besoins psychologiques et/ou physiologiques dans chacun des lieux, par la perception physique du lieu ou encore par le climat qui y règne. L’enquête de terrain a été menée auprès de 2028 élèves issus de dix collèges publics des Hauts-de-France. Après avoir identifié les lieux pour lesquels les élèves déclarent vivre le plus d’expériences positives (à savoir la cour de récréation, la cantine, la salle de sport et le CDI) et ceux pour lesquels les scores de bien-être affectif sont significativement bas (les lieux institutionnels tels que l’administration, le bureau de la vie scolaire ou du CPE, ainsi que les toilettes), les résultats révèlent que la qualité des expériences vécues dans un lieu est conditionnée par le fait de vivre des activités qui contribuent à la satisfaction des besoins d’affiliation et d’autonomie, de percevoir le lieu comme agréable, accueillant et propre, de ne pas être victime d’incivilités par les pairs, et de se sentir en sécurité.
Mots-clefs : espaces, collège, bien-être affectif, affiliation, victimation, école, climat scolaire.

Abstract : This study examines the variation of pupils’experiences (the affective aspect of subjective well-being) in lower secondary school (collège) according to the places they are in and seeks to identify the factors that best predict the quality of the lived experience within a place. Much previous research has taken a global approach to well-being at school without distinguishing the different parts of the school premises. The present study postulates that this well-being varies in the course of the day according to the parts of the school the pupil is in and that this variation can be explained by the degree of satisfaction of psychological and/or physiological needs, the physical perception of the place, or the climate that prevails in it. The fieldwork was carried out on 2028 pupils of 10 collèges in the Hauts-de-France region. The results bring to light the places for which the pupils say they have the most positive experiences (playground, dining room, sports hall, library) and those for which well-being scores are significantly low (institutional parts of the school such as the school administration and education counselling offices, and the toilets). They also show that the quality of the experiences felt in a place depends on the pupil’s perceiving it as pleasant, welcoming and clean, engaging in activities that contribute to the satisfaction of the needs of relatedness and autonomy, not being bullied, and feeling safe.
Keywords : spaces, junior high school, subjective well-being, relatedness, victimi-zation, school, school climate.

Spiral-E - Revue de Recherches en Éducation – 2018 Supplément électronique au N° 61 (19-40)

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