Jean Daniel ROHART « ENSEIGNEMENT DES LANGUES, ETHIQUE ET FORMATION » – Spirale 7 (1992)

Lire l’article

Dans le contexte de la construction de l’Europe, l’enseignement des
langues-vivantes est incontestablement appelé à jouer un rôle de tout premier plan. Mais nous voudrions tenter de montrer dans cet article qu’il est aussi à même d’apporter des réponse spécifiques et particulièrement adéquates à la crise qui secoue actuellement notre système scolaire.
Nous commencerons par un bref diagnostic : d’un côté, les élèves apparaissent comme de moins en moins capables de mobiliser leur attention, d’accepter un minimum de règles communes, de respecter autrui et de pratiquer la tolérance. De l’autre, l’Institution scolaire, refusant en fait de prendre en compte l’extrême hétérogénéité des élèves, les disparités considérables de niveaux dues en partie à l’entrée massive dans le second cycle d’adolescents issus de milieux sociaux et d’horizons culturels très différents, s’obstine à imposer à tous les élèves des objectifs aussi ambitieux qu’irréalistes, en maintenant la prépondérance des matières scientifiques. De là, de graves tensions préjudiciables à l’équilibre psychologique, moral, affectif des enseignants comme des enseignés et en définitive, au bon fonctionnement du système.
Nous allons donc exposer ici succinctement quelques expériences que nous avons été amené à faire en tant que professeur d’espagnol dans des classes du secondaire et qui nous paraissent apporter une esquisse de solutions aux difficultés que nous venons très brièvement de mentionner. Mais nous voudrions insister dès maintenant sur un point capital qui nous a guidé tout au long de nos recherches : on ne résoudra pas la crise de l’enseignement seulement en allégeant les effectifs, en adaptant les méthodes et les contenus, en dotant les maîtres d’une formation didactique et psychologique.

Site réalisé avec SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0